Année liturgique
Le temps et l'année chrétienne | Le temps et l'année chrétienne |
|
|
|
| Ecrit par Philippe Kiener | |
| 20-02-2006 | |
|
Un exposé complet sur la notion du temps dans la Bible et son rapport avec l'année chrétienne. Information: Cet article est assez technique... Le temps dans la BibleLa Bible nous apprend que Dieu est à l’origine du temps et de ses rythmes: c’est lui qui a séparé la lumière des ténèbres, créant ainsi les jours et les nuits (Gn 1, 4-5)Ensuite, il a créé les “luminaires au firmament du ciel pour séparer le jour de la nuit et servir de signe tant pour les fêtes que pour les jours et les années" (Gn 1, 14) Et la création du ciel et de la terre, et de l’homme est présentée symboliquement dans le cadre d’une semaine: Six jours où Dieu a créé le monde et un septième, béni et sanctifié par Dieu, car il avait chômé après tout son ouvrage de création (Gn 2, 1-3). Ainsi sera le sabbat (Ex 20, 8-11) Lire Gn 1, 1 à 3, 3 La Bible, c’est aussi le récit de l’intervention de Dieu dans l’histoire d’un peuple, le peuple hébreu qu’il a choisi afin de le libérer du péché et de le ramener vers lui. Au livre de l’Exode, nous voyons la célébration de la PAQUE. Elle célèbre la libération du peuple de Dieu de l’Égypte. (Ex 12,14 et 42). Lire tout le chapitre 12. C’est une célébration annuelle ; elle rend présente à chaque génération la libération d’Egypte. Ainsi la liturgie actualise et rend présente l’action de Dieu dans l’histoire pour libérer son peuple. Temps liturgique et le mystère du ChristDès l’Ancien Testament, le temps liturgique est donc en relation avec l’action de Dieu dans l’histoire humaine.“Quand vint la plénitude du temps, Dieu a envoyé son Fils, afin que nous soyons des fils et des héritiers de par Dieu” (Gal 4, 4). Ce Fils, Jésus, a réalisé la libération, le Salut par sa Passion, sa Mort et sa Résurrection. C’est le mystère pascal. C’est par la Liturgie de l’Église que nous y avons part. Par la Liturgie, le Christ est présent. La Liturgie est un AUJOURD’HUI car c’est la rencontre avec Dieu “Le salut est maintenant plus près de nous qu’au temps où nous avons cru… le jour est arrivé” (Rm 13, 11-12). La Pâque de Jésus s’accomplit aujourd’hui pour chacun de nous. Elle fait entrer l’humanité dans un temps nouveau. Le passé est rendu présent, ainsi que le futur ou le devenir. “Voici que je fais l’univers nouveau” (Ap 21, 5) “Il n’y a auprès de Dieu qu’un “aujourd’hui” divin qui est bien différent de cet “aujourd’hui” que nous concevons à la façon des hommes. Quand nous disons “maintenant”, ce “maintenant” s’écoule aussitôt; il tombe déjà dans le passé, tellement notre instant présent et l’aujourd’hui de la terre sont fugitifs. Mais auprès de Dieu, il y a un “aujourd’hui” qui ne passe pas, qui signifie une présence sans fin, un présent qui dure toujours. Nous ne saurions le comprendre. Par les saints mystères (c’est-à-dire la liturgie et au plus haut point l’Eucharistie), Dieu nous attire dans sa vie à lui et c’est ainsi que vivant encore sur la terre, nous nous tenons déjà dans l’éternel aujourd’hui de Dieu, pour prendre part à l’action de la vie céleste”… Odon Casel, (grand théologien de la liturgie), 1886-1948 “Dans le christianisme, le temps a une importance fondamentale. C’est dans sa dimension que le monde a été créé, c’est en lui que se déroule l’histoire du salut qui a son apogée dans la “plénitude du temps” de l’Incarnation, et atteint sa fin dans le Retour glorieux du Fils de Dieu, à la fin des temps. En Jésus-Christ Verbe incarné, le temps devient une dimension de Dieu qui est en lui-même éternel. Avec la venue du Christ commence les “derniers jours” (cf. He 1, 2), la “dernière heure” (1 Jn 2, 18), avec elle commence le temps de l’Église qui durera jusqu'à la Parousie. … Chaque année, chaque jour, chaque moment est inclus dans l'Incarnation et la Résurrection du Christ pour se retrouver ainsi dans la Plénitude du temps. C'est pourquoi l'Église, elle aussi, vit et célèbre la liturgie dans l'espace d'une année. L’année solaire est ainsi imprégnée par l’année liturgique qui reproduit en un sens tout le mystère de l’Incarnation et de la Rédemption en commençant par le premier dimanche de l’Avent pour se terminer par la solennité du Christ-Roi, Seigneur de l’univers et de l’histoire. Chaque dimanche rappelle le jour de la Résurrection du Seigneur.”. Jean-Paul II, Lettre apostolique tertio millenario adveniente (10 nov. 1994) L’année liturgique et son organisationElle déploie au long de l'année le mystère du Christ et de notre Salut."L’Église, chaque semaine, au jour qu’elle a appelé le Jour du Seigneur, fait mémoire de la Résurrection du Seigneur qu’elle célèbre encore une fois par an en même temps que sa bienheureuse Passion par la grande Solennité de Pâques. Elle déploie tout le mystère du Christ pendant le cycle de l’année, de l’Incarnation et la Nativité jusqu’à l’Ascension, jusqu’à la Pentecôte et jusqu’à l’attente de la bienheureuse espérance et de l’avènement du Seigneur.”. Constitution sur la liturgie du Concile Vatican II (SC 1O2) “Dans son ensemble et sa totalité, l’année liturgique est bien l’image de l’éternelle et divine économie du salut et elle contient tout le mystère du Christ. Mais à l’intérieur du grand cycle et au cours de son rythme, le mystère se conforme à l’œil de l’homme qui n’est pas encore capable, comme il le sera au ciel, d’embrasser d’un seul regard la totalité. Et de même que l’année contient une présence divine, ainsi chacun des jours du cycle ramène et fait revivre l’événement sauveur qui autrefois lui a conféré sa sainteté particulière (…) Ce qui donne au mystère cette signification particulière, ce n’est jamais la seule pensée humaine, mais toujours la présence divine.”. Odon Casel Organisation de l’année liturgique aux premiers sièclesLes célébrations chrétiennes sont liées aux fêtes juives, non pas directement, mais plutôt parce que Jésus a vécu ces fêtes; sa Vie et spécialement sa Mort et sa Résurrection ont eu lieu dans le cadre des fêtes juives et de la Pâque juive.Dès le Nouveau Testament, après la Résurrection de Jésus, nous voyons la célébration du dimanche, le “premier jour de la semaine”, le lendemain du sabbat. Le dimanche célébre, chaque semaine, la Résurrection de Jésus. Au siècle suivant, un dimanche de l’année est solennisé: celui qui est le plus proche de la date de la Pâque juive, afin de célébrer la Passion et la Résurrection de Jésus au jour anniversaire. C’est la Solennité de Pâques, la Fête des fêtes. Le centre, en est la Veillée pascale, la nuit de Pâques. A partir du 3e siècle, la fête de Pâques est prolongée durant cinquante jours de façon festive: c’est la Cinquantaine pascale ou Pentecôte, sans que le 50e jour soit déjà spécialement marqué. De même, Pâques se déploie sur 3 jours pour célébrer de façon plus différenciée la Passion et la Résurrection de Jésus: du vendredi au dimanche (sans que soit marqué de façon spéciale le jeudi). Le 4e siècle connaît, tout à la fois, le développement et l’organisation de la liturgie et de la vie de l’Église: Le Carême apparaît (déjà un peu au 3e siècle) et s’organise surtout comme le temps de préparation au Baptême: c’est le temps du catéchuménat, puis le temps de pénitence des baptisés. Le jour de la Pentecôte se différencie des 50 jours de Pâques. puis apparaît l’Ascension, aux 40 jours. Noël et le temps de Noël apparaissent également, puis l’Avent se développe peu à peu. Source |
|
| Dernière mise à jour : ( 02-03-2006 ) |
| Suivant > |
|---|
|
|||||||||||






