Année liturgique
Le dimanche, le jour du Seigneur | Le dimanche, le jour du Seigneur |
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| Ecrit par Philippe Kiener | |
| 20-02-2006 | |
Cet article explore ce qu'est le dimanche dans la tradition chrétienne.L’origine du DimancheLa célébration du dimanche remonte au jour de la Résurrection de Jésus: les quatre évangélistes précisent que c’est le premier jour de la semaine, le premier après le sabbat que Jésus, ressuscité, s’est manifesté à ses disciples:Mt 28, 1 Mc 16, 1 Lc 24, 1 Jn 20, 1 Ce même jour, les disciples d’Emmaüs reconnaissent Jésus à la fraction du pain (expression qui désigne primitivement l’Eucharistie) (Lc 24, 35). Le soir de ce jour également, Jésus transmet à ses Apôtres l’Esprit et le pouvoir de remettre les péchés, et il les envoie en mission (Jn 20, 21). Plusieurs autres textes du Nouveau Testament montrent encore l’importance du dimanche et nous devinons que sa célébration est rapidement hebdomadaire: Jn 20, 26: “Huit jours après”, donc le dimanche qui suit sa Résurrection, Jésus se manifesta encore à ses disciples réunis Ac 20, 7-12: Les disciples de Jésus sont assemblés, avec S. Paul, le “premier jour de la semaine” pour “rompre le pain” et écouter la parole de Paul. Ainsi, la célébration du dimanche avec le rassemblement des chrétiens pour l’Eucharistie et l’écoute de la Parole, afin de faire mémoire de la Résurrection du Christ est une constante de l’Église depuis l'origine: La Lettre de Pline le jeune à l’empereur Trajan (début du 2e siècle) témoigne de cette fête du Jour du Seigneur en parlant des chrétiens qui “ont coutume de se réunir à jour fixe, avant l’aurore, pour chanter entre eux un hymne au Christ comme à un dieu” Voici le témoignage de S. Justin: “Le jour qui est appelé le jour du soleil, tous les nôtres qui habitent les villes ou les campagnes s’assemblent en un même lieu. On lit les mémoires des Apôtres ou les écrits des prophètes… Nous nous assemblons tous le jour du soleil, parce que c’est le premier jour, où Dieu, tirant la matière des ténèbres, créa le monde et que, ce même jour, Jésus-Christ, notre Sauveur, ressuscita des morts.” “Ordonne et persuade au peuple d’être fidèle à prendre part à l’assemblée du dimanche. Que personne n’y manque, que chacun soit fidèle à se réunir afin que personne ne diminue l’Église en n'y venant pas et diminue ainsi d'un membre le Corps du Christ." Didascalie des Apôtres (3e siècle) C’est aussi ce que dit la Constitution sur la Liturgie (Vatican II): “L’Église célèbre le mystère pascal en vertu d'une tradition apostolique qui remonte au jour même de la Résurrection du Christ, chaque huitième jour, qui est nommé à bon droit le jour du Seigneur, ou dimanche. Ce jour-là, en effet, les fidèles doivent se rassembler pour que, entendant la Parole de Dieu et participant à l'Eucharistie, ils se souviennent de la Passion, de la Résurrection et de la Gloire du Seigneur Jésus, et rendent gloire à Dieu ‘qui les a régénérés pour une vivante espérance par la résurrection de Jésus-Christ d'entre les morts.’”(I P 1, 3). Aussi le jour du Seigneur est-il le jour de fête primordial… jour de joie et de cessation du travail.… Il est le fondement et le noyau de toute l’année liturgique.” Le Sabbat et le DimancheAu début, les Juifs devenus chrétiens ont d’abord continué à célébrer le sabbat et le culte juif et à fréquenter le temple et les synagogues (Ac 13, 14). Ensuite, le “premier jour de la semaine” va prendre la place de la célébration du sabbat comme jour consacré à Dieu, jour de joie et de cessation du travail, mais il reste toujours le jour de la Résurrection du Christ:“Ceux qui vivaient selon l’ancien ordre des choses, sont venus à la nouvelle espérance: n’observant plus le sabbat, mais le dimanche, jour où notre vie s’est levée par le Christ et par sa mort.” St Ignace d’Antioche Le “Jour du Seigneur”, cette expression apparaît en Ap 1, 10; le mot grec employé donnera le mot latin dominicus dies, ou dominica et en français, dimanche (alors que les langues germaniques ont gardé l’expression “jour du Soleil”). Le mot Seigneur désigne le Christ Jésus ressuscité et non d’abord Dieu Créateur et Père, car Jésus est Seigneur par sa résurrection (Ac 2, 36). Jour du culte et jour du reposAux trois premiers siècles, ce jour n’était pas chômé (les juifs avaient le sabbat, le monde païen avait d’autres jours). Ce n’est qu’après l’édit de Constantin (4e siècle) que ce jour devint chômé; il est alors le jour de l’assemblée liturgique et jour de repos.Le “Huitième jour”Les Pères de l’Église ont employé cette expression pour souligner la nouveauté du monde dans lequel est entré le Christ par sa résurrection et dans laquelle il nous fait entrer; quant au 7e jour, il achève la création.L’atmosphère pascale doit marquer le dimanche. C’est un jour de joie, c’est le jour où l’Église prend conscience de la Présence du Christ Ressuscité. C’est pourquoi les pères de l’Église (spécialement S. Basile) recommandaient de ne pas jeûner ce jour-là et de prier debout, non à genoux. “L’usage de ne pas plier le genou pendant le ‘jour du Seigneur’ est un symbole de la Résurrection par laquelle nous avons été libérés, grâce au Christ, du péché et de la mort; la “Mort” a été mise à mort par le Christ”. S. Irénée (2e siècle) “Nous nous tenons debout quand nous prions le jour consacré à la Résurrection, parce que ce jour-là paraît être en quelque sorte l’image du siècle à venir. (…) Chaque fois que nous fléchissons les genoux et que nous nous redressons, nous montrons en acte que le péché nous a jetés à terre et que l’amour de notre Créateur pour les hommes nous rappelés au ciel” S. Basile (4e siècle) “Le dimanche étant la Pâque hebdomadaire où est rappelé et rendu présent le jour où le Christ est ressuscité d’entre les morts, c’est aussi le jour qui révèle le sens du temps. Il n’y a pas de relation avec les cycles cosmiques selon lesquels la religion naturelle et la culture humaine tendent à rythmer le temps, cédant éventuellement au mythe de l’éternel retour. Le dimanche chrétien est bien autre chose! Jaillissant de la Résurrection, il traverse le temps de l’homme, les mois, les années, les siècles comme une flèche qui le pénètre en les tournant vers le but de la seconde venue du Christ. Le dimanche préfigure le jour final, celui de la Parousie, déjà anticipé en quelque sorte par la gloire du Christ dans l’événement de la Résurrection. (…) La sanctification du dimanche est un témoignage significatif que les chrétiens sont appelés à donner pour que les temps de l’homme soient toujours soutenus par l’espérance.”. Jean-Paul II, Lettre apostolique Dies Domini 1998 Source |
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